Le Figaro – Théâtre : Buenos Aires retrouve son opéra

Le Figaro | 24/05/2010 |
Buenos Aires retrouve son opéra
Par Pauline Damour
Après bien des polémiques et des retards, la restauration du Théâtre Colon est enfin terminée. 

À Buenos Aires
Les artisans donnent un dernier coup de lustre au grand escalier en marbre de Vérone du foyer. Dans l’impressionnante salle à l’italienne de 75 mètres de profondeur sur 48 mètres de hauteur, les ingénieurs vérifient l’installation des 2 500 fauteuils tapissés de velours pourpre. Lundi soir, le Théâtre Colon, considéré comme l’une des meilleures salles lyriques au monde, rouvre ses portes, à la veille du bicentenaire de l’Argentine. Seule fausse note: la loge présidentielle restera vide… Cristina Kirchner a refusé à la dernière minute de partager cette soirée de gala avec son rival de droite, le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri. Ce n’est pas la première crise qui secoue le Colon. Les travaux de rénovation, commencés en 2001, ont suscité de multiples polémiques: fermé en 2006, le théâtre devait ouvrir en mai 2008 pour son centenaire mais des problèmes de financement et les changements de majorité de la ville de Buenos Aires ont paralysé le chantier.

Sa construction, à partir de 1889, avait déjà connu quelques péripéties: entre autres, elle avait été interrompue en 1904 par le meurtre de l’un des deux architectes, Vittorio Meano, assassiné par son majordome jaloux des relations qu’il entretenait avec sa femme…

La qualité acoustique en question 
Près d’un siècle plus tard, il s’agit de redonner au Théâtre Colon toute sa splendeur d’origine. La peinture des murs, nettoyée de ses couches successives, a retrouvé son gris perle; le lustre monumental et la fresque de Raul Soldi qui coiffent la salle resplendissent à nouveau. La restauration – titanesque – de cet édifice de 60 000 m2 a mobilisé mille ouvriers et ingénieurs et coûté quelque cent millions de dollars, soit quatre fois le budget initial. «Outre l’amélioration du confort des artistes et des spectateurs, la modernisation de la machinerie théâtrale, dont le monte-charge manuel, il fallait absolument mettre le Colon aux normes de sécurité», explique Mateo Goretti, chargé de la coordination à la mairie.
La grande interrogation porte surtout sur le maintien de l’extraordinaire qualité acoustique que certains travaux pourraient dénaturer. Il s’agit en particulier du remplacement du rideau de scène de 1,5 tonne et des tissus, rideaux et tentures. Selon Rafael Sanchez Quintana, ingénieur acousticien, «des tests ont été pratiqués en laboratoire, dans la salle avant sa fermeture, et après la remise à neuf des sièges et des tentures».
Par ailleurs, les fauteuils ont été conservés à l’identique, afin d’éviter au maximum d’altérer la résonance de la salle. Seul le velours a été ignifugé. En revanche, il n’a pas été possible de rétablir le rideau de scène d’origine. «Il a été restauré au mieux et servira uniquement pour les grandes occasions, précise Mateo Goretti. L’acoustique sera à 99% identique à ce qu’elle était avant la fermeture du théâtre.»

Près d'un siècle après sa construction, il s'agit de redonner au Théâtre Colon toute sa splendeur d'origine.
Près d’un siècle après sa construction, il s’agit de redonner au Théâtre Colon toute sa splendeur d’origine. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Mots clés : BUENOS AIRES, ARGENTINE, Cristina Kirchner, Mauricio Macri, Théâtre Colon
Le Figaro – Théâtre : Buenos Aires retrouve son opéra

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