Darío Lopérfido, le maire adjoint à la Culture de Buenos Aires doit démissionner | Le Club de Mediapart

Darío Lopérfido, le maire adjoint à la Culture de Buenos Aires doit démissionner
6 juil. 2016  Par Carlos Schmerkin
Plus de neuf mille artistes, intellectuels et représentants de la culture argentine et du monde entier ont demandé la démission de Dario Lopérfido pour tenir des propos négationnistes concernant les disparus pendant la dictature.

En effet, M. Lopérfido lors d’une conférence publique a contesté le chiffre de 30 000 disparus avec des arguments indignes d’un representant d’un gouvernement qui se réclame democratique. Depuis ces déclarations, des initiatives pour le déclarer « persona non grata » ont été développés, notamment lors de représentations théâtrales : les acteurs, avant la levée des rideaux faisaient écouter les déclarations de M. Lopérfido au public.

Tout récemment, le 26 juin, le maire adjoint à la Culture de Buenos Aires avait accusé certains artistes de « voleurs », « fraudeurs » et de « fanatiques du kirchnerisme ».  

La Ville de Paris est jumelée avec la Ville de Buenos Aires depuis de nombreuses années. Il serait souhaitable que qu’aucun événement associant la ville de Paris et celle de Buenos Aires, ne soit engagé ni sous l’égide ni avec le concours de M. Lopérfido, Maire Adjoint à la Culture de la Ville de Buenos Aires.

Dans une lettre ouverte au président de la République Argentine, Ingénieur Mauricio Macri, et au Chef du Gouvernement de la Ville de Buenos Aires, Horacio Rodríguez Larreta des milliers d’intellectuels affirment :

«  En tant qu’intellectuels, écrivains, artistes, universitaires et travailleurs de la culture argentins et internationaux, nous voyons avec préoccupation certaines initiatives récentes de votre gouvernement, et certaines déclarations sur les droits de l’homme de membres de celui-ci.

Dans notre travail académique, artistique et intellectuel, nous avons partagé une profonde admiration pour la lutte infatigable des organisations des droits de l’homme, visant à connaître la vérité sur les crimes contre l’humanité commis en Argentine pendant la dernière dictature militaire et dans les années qui l’ont précédée, et nous avons accompagné leurs efforts pour faire avancer les procès en justice correspondants. Nous avons également soutenu les initiatives des gouvernements démocratiques qui, engagés aux côtés de ces organisations, ont cherché à consolider les politiques de vérité, de mémoire et de justice, devenus désormais des piliers de notre démocratie et un motif de reconnaissance au niveau international.

C’est pourquoi nous voulons manifester notre rejet le plus total des récentes déclarations du maire adjoint à la Culture de la Ville de Buenos Aires, M. Darío Lopérfido, qui lundi 25 janvier lors d’une conférence publique a fait référence aux disparitions forcées de personnes du fait du terrorisme d’Etat, en affirmant que le nombre de disparus « fut un mensonge construit autour d’une table pour obtenir les subventions qu’on te donnait » (sic). Nous voyons ces déclarations comme une claire tentative de banaliser et d’amoindrir la portée des atrocités commises pendant ces années, ainsi que pour décrédibiliser les organisations et les politiques des droits de l’homme. S’il s’agit de chiffres, il faudrait plutôt s’engager à approfondir et élargir les investigations sur chacun des délits commis par le terrorisme d’Etat en déterminant les responsabilités et les complicités, ce qui ne peut être fait qu’au moyen de ressources et de politiques. En outre, lors de cette interview le ministre a fait référence à une confrontation « entre deux groupes armés », en exhumant ainsi de manière stupéfiante la « théorie des deux démons », dangereuse et périmée, qui veut que la violence des guérillas de ces années soit comparable à l’extermination systématique de toute dissidence par le fait de l’Etat.

Nous croyons que ces déclarations signifient un grave recul et un affront à tous ceux qui sommes engagés avec les politiques de droits de l’homme –un engagement que nous voudrions être en tout point partagé par votre gouvernement actuel-, et qu’elles sont particulièrement inappropriées s’agissant d’un responsable public. En tant que citoyens argentins et étrangers fortement liés à la culture et l’histoire argentines ainsi qu’à la production culturelle de la Ville de Buenos Aires, les nombreuses instances de participation à des politiques culturelles publiques sont gravement affectées par une prise de position telle que celle de M Lopérfido en sa qualité de maire adjoint à la Culture de cette ville (…) auxquelles vous prêtez un soutien par le fait de lui permettre de rester à son poste.

(… )Malheureusement, nous observons que les déclarations de M Lopérfido, extrêmes et particulièrement offensantes, surgissent dans un contexte général où le gouvernement national donne, par action ou par omission, des signes toujours plus alarmants d’un manque d’engagement avec les politiques de vérité, de mémoire et de justice.(…)

(…) C’est pourquoi, en accord avec d’autres secteurs sociaux, nous exigeons la démission du maire adjoint à la Culture de la Ville de Buenos Aires, M Darío Lopérfido.”

Cecilia Roth, Norman Briski, Alain Badiou, Etienne Balibar, Marilu Marini, Dario Grandinetti, Slavos Zizek, Hugo Santiago, Lucía Puenzo, Pilar Calveiro, Mauricio Kartum, Dora Barrancos, Sergio Bizzio, Luis Machin, Maristela Svampa, Félix Bruzzone, Francisco Garamona, Leonardo Sbaraglia,….

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